Elle est présente
dès la conception. En revanche, elle peut se manifester plus
ou moins tardivement après la naissance.
C'est une maladie chronique
dont l' évolution varie d'une personne à l'autre. C'est
une maladie grave mais non contagieuse.
En France, il naît
environ 300 enfants atteints de mucoviscidose par an, c'est la maladie
génétique la plus fréquente. Les statistiques
permettent d'affirmer qu'en France, un individu sur 25 est porteur
du gène de la maladie. On peut estimer à plus de 2 millions
le nombre de personnes porteuses du gène.
La fréquence de la
maladie est variable selon les régions. Elle prédomine
dans l'Ouest. (1 naissance sur 3 000 en France, 1 naissance sur 1700
dans l'Ouest de la Bretagne).
Est-ce
une maladie contagieuse ?
La mucoviscidose n'est pas une maladie contagieuse. Contrairement
à une opinion répandue, ce n'est pas parce qu'un enfant
tousse, crache et porte des microbes dans ses poumons qu'il propage
nécessairement sa maladie ou crée une infection dans
son entourage.
Peut-on
la dépister ?
Certains départements ont adopté la pratique du dépistage
néo-natal. Il est réalisé au 5ème jour
de la vie. Dans la suite des prélèvements obligatoires
pour le dépistage de la phénylcétonurie et de
l'hypothyroïdie, un prélèvement supplémentaire
est effectué pour le dépistage de la mucoviscidose.
Il s'agit d'une petite goutte de sang prélevée au talon
de l'enfant et dans laquelle, une enzyme particulière appelée
Trypsine
Immuno -Réactive (T.I.R) sera dosée. Ici encore, des
valeurs seuils sont adoptées. Ce test doit être confirmé
ensuite par le test de la sueur, car il se peut que des valeurs élevées
de la T.I.R puissent être révélatrices de pathologie
autres que la mucoviscidose.
Le
test de la sueur
Pratiqué dans un laboratoire spécialisé, ce test
parfaitement indolore est conduit à trois reprises au minimum
afin de confirmer les valeurs obtenues. Il s'agit de doser dans la
sueur, le chlore et le sodium qu'elle contient. Les teneurs élevées
confirment la suspicion de la mucoviscidose. Il convient cependant
de souligner que les taux plus ou moins importants de chlore ou de
sodium ne signent pas la gravité de la maladie.
Comment
se manifeste la mucoviscidose ?
C'est une maladie générale qui affecte la qualité
du mucus. Ce produit organique, fabriqué par des glandes, se
situe notamment dans les bronches, le tube digestif ...
Son épaississement anormal empêche son écoulement
et provoque l' ensemble des troubles de la mucoviscidose . Ainsi les
bronches s'obstruent et s'infectent provoquant la toux et l'expectoration.
Ce sont les caractéristiques principales de la maladie.
Au niveau du tube digestif,
foie et pancréas sont également touchés, les
enzymes pancréatiques sont bloquées et ne peuvent accomplir
la digestion des graisses. Les conséquences immédiates
sont des douleurs abdominales, de la diarrhée ou de la constipation
et des difficultés de prise de poids. Extrêmement
préoccupante tout au long de son déroulement, la maladie
ne cesse d'évoluer plus ou moins rapidement, connaissant des
pauses, suivies d'épisodes particulièrement aigus. Pour
bien la traiter, rien ne doit être laissé à l'improvisation,
rien ne peut être négligé, même si tout
parait
aller bien.
Trop souvent encore, on rencontre
des détériorations de l'état pulmonaire d'enfants
victimes de la mise en oeuvre tardive du traitement lors d'un encombrement
bronchique, d'une angine, d'une grippe... Une surveillance appropriée,
sous la responsabilité du médecin traitant en coordination
avec le centre spécialisé le plus proche, est indispensable.
Où
en est la recherche ?
Menée sur tous les fronts, elle est conduite dans de nombreux
laboratoires sur toute la planète. Le formidable espoir né
de la localisation du gène en 1985, de son identification et
de son clonage en 1989 et enfin de la découverte de très
nombreuses mutations (près de 550) autorise aujourd'hui à
parler en termes beaucoup plus optimistes.
Les grands champs d'investigations ouverts depuis ces dates ont permis
de développer déjà des axes de recherche très
concrets.
- la connaissance de la protéine
produite grâce au gène ouvre la perspective d'une approche
pharma cologique (recherche de médicaments) .
- la thérapie génique, qui consiste à apporter
un gène normal dans les cellules atteintes, constitue dès
maintenant une piste sérieuse.
D'autres chantiers, ouverts
depuis longtemps visent à :
- améliorer le traitement,
en particulier du point de vue de la lutte contre l'infection bronchopulmonaire,
- favoriser la pratique des transplantations en limitant autant que
possible les rejets et leurs complications,
- développer la possibilité de vaccination contre certains
microbes tels que le pseudomonas connu sous le nom plus courant de
pyocyanique.